Lancement du master international d’études islamiques et arabes
Après Madrid, c’est au tour de Paris d’avoir accueilli, mardi 07 juillet, les responsables du premier master international d’études islamiques et arabes, qui débutera en octobre prochain.
Organisé par l’Association des femmes arabes pour la presse et la communication (AFACOM), l’événement a réuni Imma Tubella, présidente de l’Université ouverte de Catalogne (UOC), basée à Barcelone, Mustapha Chérif, islamologue et directeur académique du master, ainsi que plusieurs professeurs qui se sont déplacés pour l’occasion.
Sa particularité : le master, accessible à tous dès l’obtention d’une licence (Bac +3), est entièrement en ligne. Mais ce n’est pas un hasard, puisque l’UOC, initiatrice du master, est la première université virtuelle au monde. Créée en 1994, celle-ci accueille aujourd'hui près 50 000 étudiants du monde entier, grâce à Internet. Cette fois, c’est au tour d’une formation d’islamologie, qui se veut « interdisciplinaire et complète » selon ses responsables, de faire son apparition.
« On s’aperçoit aujourd’hui que l’islamophobie a pris une dimension inquiétante en Occident et qu’il y a des formes de crispation et de repli de la part des musulmans. Ce sont deux choses auxquelles il faut s’opposer. Conscient que l’ignorance est aussi souvent la cause des problèmes, ce sont la science, la connaissance et la propagation du savoir qui peuvent réellement la faire reculer », explique M. Cherif pour Saphirnews, ajoutant qu’il faut « sortir du discours du choc des civilisations et de l'extrémisme par l’interconnaissance et le dialogue ».
L’équipe pédagogique, une « dream team »
« Ce qui fait la richesse de ce master est la diversité des opinions et des parcours des professeurs. Mais tous ont un fonds commun : l’intégrité scientifique et l’honnêteté intellectuelle », précise M. Cherif, qui lui-même enseignera le cours sur le Coran.
C’est le cas de Charles Saint-Prot, directeur de l’Observatoire d’études géopolitiques à Paris. « Je suis de ceux qui déplorent que les études rationnelles et objectives sur l’islam soient sous-représentées à l’université », déclare-t-il pour Saphirnews. C’est pourquoi l’actuel professeur en droit et civilisations du monde islamique à l'université Paris-Descartes a très vite donné son accord pour officier au sein du master.
Mohamed Mestiri, directeur de l'Institut international de la pensée islamique (IIIT), explique lui aussi comment il s’est fait convaincre de participer à l’aventure. « L’islamologie telle qu’elle est enseignée aujourd’hui est essentiellement orientaliste. Cette vision réduit l’islam à l’étude de son histoire, des sciences et de sa littérature sans revenir aux fondements même de l’islam. C’est pourquoi je n’étais pas d’accord au départ pour enseigner dans ce master. Mais l’approche que m’a délivrée M. Chérif est différente. Elle donne sa place aux fondamentaux et elle est interdisciplinaire », affirme le futur professeur sur l’ijtihad (l'effort de réflexion que les savants entreprennent pour interpréter les textes fondateurs de l'islam) de ce master.
Une formation de qualité peu coûteuse
Cependant, la seule barrière reste celle de la langue puisque, pour cette première année, il est nécessaire d’être francophone. Selon les responsables, cette formation sera disponible, d’ici à trois ans, en quatre langues, hors française : espagnole et catalane, en 2010-2011 ; puis anglaise et arabe, d’ici à 2012.
Ainsi, « nous souhaitons créer un master sur l’islamologie de référence mondiale », complète Mme Tubella lors de la conférence. La rentrée d’octobre fera office de test. Mais l’engouement suscité autour de cette formation, qui coûte entre 1 500 et 2 000 euros par an, semble présager un succès. Les inscriptions sont d’ores et déjà ouvertes.
source_saphirnews
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